Il existe au Québec de nombreuses revues littéraires. Elles ont un rôle important à jouer pour faire connaître les textes d’ici et d’ailleurs. Bien sûr, le plaisir qu’elles procurent n’est pas le même que celui que nous donne un livre de deux cents pages. On ne lit pas une revue de la même manière qu’on lit un roman ou un essai. J’ai pensé vous en présenter quelques-unes, parmi les plus connues.
Comme son nom l’indique, la revue Lettres québécoises est consacrée exclusivement à la littérature d’ici. Elle est bien distribuée, on peut la trouver dans toutes les librairies et aussi chez les marchands de journaux. Fondée par Adrien Thério en 1976, elle est présentement dirigée de main de maître par André Vanasse. C’est une de nos plus anciennes revues. Elle offre de nombreuses chroniques sur le roman, la poésie, la nouvelle, l’essai. Un auteur prend la vedette dans chacun des numéros. On lui consacre un dossier de cinq ou six pages. Dans le numéro 117, il s’agit de Pierre Nepveu. Dans le prochain numéro, ce sera au tour de Lise Bissonnette. Une telle revue, qui paraît quatre fois l’an, ne peut couvrir toute la production québécoise annuelle. Par contre, elle vous permet d’avoir une bonne idée de ce qui se fait ici et peut servir de guide dans le choix de vos lectures.
La revue Estuaire, également fondée en 1976, se consacre à la poésie. Il s’agit avant tout d’une revue qui fait place à la création. Dans chaque numéro, on peut lire des textes inédits d’une dizaine de poètes. Toutes les générations y sont habituellement représentées. Quelques pages sont par ailleurs consacrées à des recensions de recueils publiés au Québec. Notons qu’il existe un prix relié à cette revue: Le prix de poésie Terrasses St-Sulpice de la revue Estuaire. Ce prix existe depuis 1990 et son jury est composé des dirigeants de la revue. Au cours des dernières années, le prix a été remporté par des poètes comme Yves Préfontaine, Martine Audet, Élise Turcotte.
XYZ. La revue de la nouvelle a été fondée en 1985 par Gaëtan Lévesque et Maurice Soudeyns. Il s’agit là d’une revue thématique, mais elle comprend également une section "hors thème". Comme le soulignait Nicolas Tremblay dans le numéro du 20e anniversaire: « ...les écrivains accomplis et ceux de la relève cohabitent dans nos pages. » Il ajoutait: « Les jeunes écrivains ont par ailleurs la chance d’évaluer la qualité littéraire de leur texte en participant à notre populaire concours de nouvelles annuel, qui en est déjà à sa quinzième édition. » L’invitation est lancée!
Arcade se veut la revue de l’écriture au féminin. Fondée par Claudine Bertrand, elle existe depuis 1981. Comme on peut le lire dans la page de présentation, «... la revue Arcade publie des textes de création littéraire de femmes d’ici et d’ailleurs, des dossiers sur les poètes d’autres pays, des essais exclusifs sur la féminitude, des textes d’opinion, des hommages aux grandes écrivaines québécoises, des comptes rendus et des extraits de lectures.» Voilà qui résume bien les objectifs de cette revue fort dynamique. Notons qu’il existe des prix annuels Arcade-au-féminin pour les auteurs de la relève.
À ces quatre points de référence de la revue littéraire québécoise, d’autres titres peuvent s’ajouter, qui ont autant de mérite et d’intérêt: Liberté, Les Écrits, Le Sabord (la plus belle de nos revues) , Moebius, Brèves littéraires, Voix et images, Nuit blanche, Québec français (pédagogie et littérature), Le Libraire, Les Saisons littéraires, Études françaises, Exit (poésie), Spirale, Solaris, Jeu (sur le théâtre), Zinc, Alibis (Polar, Noir et Mystère).On peut aussi nommer la revue Combats, revue d’idées qui fait toujours une place à la poésie et parfois à des textes de création en prose. J’oublie sûrement quelques titres que vous pourrez trouver en librairie...
Comme vous le constatez, la liste est longue. Et, croyez-moi, elle permet de belles découvertes.
Bonne lecture!
alarie_donald@hotmail.com